1
Structure
1.1 Structure du globe oculaire
Chacun
des deux yeux est abrité dans une orbite, cavité
creusée dans le squelette de la face. Lil,
ou globe oculaire, est une structure sphérique
denviron 2,5 cm de diamètre. Sa paroi
est composée de trois couches de tissus concentriques.
La couche périphérique est une enveloppe
protectrice appelée couche scléro-cornéenne.
Dans sa partie postérieure, elle est constituée
de la sclérotique (ou sclère), de couleur
blanche, qui recouvre environ les cinq sixièmes
de la surface de lil. Dans sa partie antérieure,
la couche périphérique est constituée
dune sorte de renflement en forme de hublot
transparent, la cornée. La couche moyenne de
la paroi de lil, luvée, est
elle aussi divisée en plusieurs éléments,
essentiellement la choroïde en arrière
et liris en avant. La choroïde, riche en
vaisseaux et nourricière, est appliquée
contre la sclérotique et tapisse les trois
cinquièmes postérieurs du globe oculaire.
Quant à liris, cest un petit disque
pigmenté, contenant du tissu musculaire dans
son épaisseur, percé en son centre dun
orifice de diamètre variable, la pupille, et
placé verticalement en arrière de la
cornée.
La
couche la plus profonde de la paroi oculaire est la
rétine. Elle tapisse toute luvée,
mais nest sensible à la lumière
que dans sa partie postérieure. La rétine
est une couche complexe, composée en grande
partie de cellules nerveuses reliées à
des cellules réceptrices sensibles à
la lumière (ou photorécepteurs), qui
reposent elles-mêmes sur une couche de tissu
pigmenté. Les photorécepteurs, en forme
de cônes ou de bâtonnets, sont étroitement
serrés les uns contre les autres. Au fond de
lil, dans laxe de la pupille, une
petite tache se trouve sur la rétine : cest
la macula lutea, ou tache jaune, qui représente
la zone dacuité visuelle maximale de
lil. Au centre de cette tache, la couche
sensorielle est entièrement composée
de cônes. Sur son pourtour, on trouve à
la fois des cônes et des bâtonnets, les
cônes étant de moins en moins nombreux
au fur et à mesure que lon séloigne
de la zone centrale. Sur la bordure externe, on ne
trouve plus que des bâtonnets. Il existe un
autre petit disque sur la rétine, situé
légèrement en dedans de la macula (du
côté du nez), correspondant à
la naissance du nerf optique. Cette papille optique,
dépourvue de photorécepteurs, est donc
aveugle. Voir vision.
1.2
Contenu du globe oculaire
Derrière
la cornée se trouve une chambre remplie dun
liquide clair et aqueux, lhumeur aqueuse, qui
sépare la cornée du cristallin. Ce dernier
est une lentille plus ou moins aplatie constituée
dun grand nombre de fibres transparentes disposées
en couches. Il est relié par des ligaments
au muscle ciliaire, qui forme un anneau à la
jonction de liris et de la choroïde. Ce
muscle, en étirant le cristallin ou en le rendant
presque sphérique, modifie sa distance focale
(voir optique).
Derrière
le cristallin, on trouve le corps vitré, rempli
dune substance gélatineuse transparente,
lhumeur vitrée. La pression de lhumeur
aqueuse et de lhumeur vitrée maintient
constantes la forme et la consistance du globe oculaire.
1.3
Structures annexes : paupières, glandes lacrymales
et muscles
De
nombreuses structures contribuent à la protection
de lil ou à son fonctionnement.
Les plus importantes structures de protection sont
les paupières inférieure et supérieure.
Ces replis de peau peuvent se fermer pour protéger
les yeux contre toute agression extérieure
(lumière intense, lésion mécanique,
etc.). Les cils, une frange de poils courts croissant
sur les bords de chaque paupière, forment un
écran qui éloigne les poussières
et les insectes des globes oculaires quand les paupières
ne sont que partiellement fermées. À
lintérieur des paupières se trouve
une fine membrane protectrice, la conjonctive, qui
se replie en cul-de-sac pour couvrir la sclérotique.
Chaque
il est doté dune glande lacrymale
située dans sa partie supérieure et
externe. La sécrétion salée de
ces glandes, les larmes, lubrifie la partie antérieure
du globe oculaire quand les paupières sont
fermées et permet lévacuation
de toutes les particules de poussière ou dautres
corps étrangers de la surface de lil.
Normalement, les paupières se ferment par réflexe
toutes les six secondes environ, mais si une poussière
atteint la surface de lil et nest
pas évacuée, elles se ferment plus souvent.
Sur les bordures des paupières, les glandes
de Meibomius produisent une sécrétion
grasse lubrifiant les paupières elles-mêmes
et les cils.
Les
mouvements de lil et des paupières
sont également rendus possibles par les sept
muscles de lorbite. Six dentre eux déplacent
le globe oculaire dans toutes les directions, tandis
que le septième assure les mouvements de la
paupière supérieure.
2
Fonctionnement
Du
point de vue optique, les yeux de tous les animaux
ressemblent à de simples appareils photographiques
dans lesquels la lentille oculaire forme une image
inversée des objets sur la rétine, celle-ci
jouant le rôle de film photographique.
2.1
Réfraction et accommodation
Avant
datteindre la rétine, les rayons lumineux
traversent les milieux transparents de lil,
cest-à-dire, successivement, la cornée,
lhumeur aqueuse, le cristallin et lhumeur
vitrée. Au cours de ce trajet, la cornée
et le cristallin leur font subir une réfraction
(un changement de direction) qui les fait converger
et former une image sur la rétine. Le pouvoir
de réfraction spontanée est tel que,
pour la vision de loin (au-delà de 5 m environ),
limage tombe exactement sur la rétine.
Quand lobjet se rapproche, si lil
gardait ses caractéristiques optiques, limage
reculerait et deviendrait de plus en plus floue. Mais
le cristallin sarrondit progressivement sous
laction du muscle ciliaire, ce qui augmente
la convergence des rayons et maintient limage
sur la rétine (voir optique). Ce processus
est appelé accommodation. Il existe une distance
limite (le punctum proximum) au-dessous de laquelle
il nest plus possible de voir net, laccommodation
ayant atteint son maximum. On observe une augmentation
naturelle de cette distance avec lâge
: environ 6 cm chez le jeune enfant, une quinzaine
de cm à trente ans, 40 cm à cinquante
ans, 1 m à soixante-dix ans (voir presbytie).
2.2
Fonctionnement de la rétine
Les
cellules photoréceptrices de la rétine
comprennent des pigments visuels, dont le principal
est le pourpre rétinien, ou rhodopsine. Celui-ci
contient un dérivé de la vitamine A.
Lorsque ces pigments reçoivent des photons,
ils subissent une transformation chimique correspondant
à leur excitation, puis ils reviennent à
leur état de repos. Les cellules sensorielles
traduisent cette réaction chimique interne
en une activité électrique (un potentiel
daction, ou influx nerveux) quelles transmettent
aux neurones. Linflux nerveux est transporté
le long de laxone (prolongement du corps du
neurone), jusquaux zones du cerveau impliquées
dans la vision.
2.3
Vision périphérique et centrale, vision
de la couleur
En
raison de la répartition des photorécepteurs
dans la rétine, la zone dacuité
visuelle la plus importante se situe en son centre,
juste en face de la pupille, cest-à-dire
au niveau de la macula. Dans cette zone, chaque cône
est connecté à une fibre nerveuse. La
définition de limage étant très
fine, il est possible de distinguer des détails
très fins. Au contraire, en périphérie
de la rétine, les bâtonnets sont connectés
aux fibres nerveuses par groupes. Le message visuel
étant plus grossier, la vision périphérique
est plus floue.
Les
cônes et les bâtonnets présentent
deux autres différences fonctionnelles importantes.
Les cônes sont moins sensibles à la lumière,
mais distinguent les différentes longueurs
donde (les couleurs). Les bâtonnets sont
plus sensibles à la lumière, mais ne
donnent au cerveau que des informations en noir et
blanc. En résumé, on distingue dans
lil une zone périphérique
(celle des bâtonnets) qui reste active en cas
de faible éclairage, et une zone centrale (celle
des cônes) donnant une vision précise
et éventuellement colorée, mais ne fonctionnant
quavec une bonne luminosité. Voir vision.
2.4
Adaptation à la lumière
Le
mécanisme principal de ladaptation à
la lumière ou à lobscurité
repose sur le rôle de diaphragme joué
par la pupille, grâce aux muscles de liris.
On observe une constriction (myosis), cest-à-dire
un rétrécissement, quand il y a beaucoup
de lumière, et une dilatation (mydriase) quand
il y en a peu, ce qui atténue les variations
de léclairage.
3
Mouvement des yeux
Différents
types de mouvement sont possibles, volontaires ou
réflexes, mais toujours sous la commande du
cerveau. Par exemple, lorsquun objet attire
lattention en périphérie du champ
visuel, lil se déplace par un rapide
mouvement saccadé, de telle façon que
limage se retrouve presque instantanément
au centre de la rétine. Les contractions des
muscles oculomoteurs sont extrêmement précises
; on estime que lil peut se déplacer
pour se fixer sur au moins cent mille points différents
du champ visuel.
Pour
maintenir une image sur la macula des deux yeux en
même temps, il se produit soit des mouvements
conjugués, soit des mouvements de convergence.
Le mouvement conjugué permet aux deux yeux
de se déplacer dans la même direction,
par exemple pour suivre un objet en mouvement. La
convergence permet, en « louchant » de
fixer un objet proche, parallèlement à
laccommodation. Par ailleurs, ce sont les centres
nerveux (et non pas les yeux) qui assurent la fonction
de vision binoculaire. Le cerveau fusionne les images
provenant de chacun des deux yeux et peut, en outre,
tenir compte dune très légère
différence entre les images, dans le cas des
objets proches, et la transformer en sensation de
relief ou de profondeur. Voir vision.
4
Maladies de lil
Les
troubles des yeux peuvent être classés
en fonction de la partie de lil dans laquelle
ils surviennent, ou en défauts optiques (ce
sont les amétropies) et anomalies exogènes
(infections, traumatismes, etc.).
4.1
Atteintes de la cornée
Les
atteintes de la cornée sont en général
des kératites (inflammations), souvent infectieuses,
ou des séquelles de blessures par introduction
dun corps étranger ou par brûlure.
4.2
Atteinte de lhumeur aqueuse
Lhumeur
aqueuse, si elle se résorbe mal au niveau de
langle entre liris et la cornée,
tend à saccumuler et à provoquer
un glaucome entraînant une perte de vision par
augmentation de la pression intraoculaire.
4.3
Anomalies du cristallin
Les
anomalies du cristallin sont responsables de nombreux
défauts de la vue. Dans le cas de la cataracte,
par exemple, le cristallin sopacifie progressivement.
Avec lâge, il devient moins souple et
perd une partie de son pouvoir daccommodation
: cest la presbytie, ou inaptitude à
voir avec netteté les objets proches.
4.4
Défauts de vision
La
myopie est
une anomalie de la réfraction dans laquelle
limage se forme en avant de la rétine.
Les sujets voient alors mal de loin, mais au contraire
de la presbytie, la vision de près nest
pas affectée.
Lil
hypermétrope
au contraire est un il dans lequel limage
vient se former en arrière du plan rétinien.
Lastigmatisme
est la conséquence optique dune inégalité
de la distance focale des différents méridiens
de lil. La vision de près ou de
loin est perturbée. Des verres correcteurs
peuvent pallier ces défauts optiques. Par exemple,
chez lhypermétrope, on utilise des verres
jouant le rôle dune lentille convexe,
qui ramènent limage vers lavant.
4.5
Atteintes de luvée
Luvée
peut être atteinte par une inflammation (uvéite),
éventuellement limitée à sa portion
antérieure (iritis, ou iridocyclite) ou postérieure
(choroïdite). La cause en est, par exemple, une
infection bactérienne, comme la tuberculose
et la syphilis, ou une infection virale.
4.6
Atteintes de la rétine (rétinopathies)
La
rétine est sujette à de nombreux types
daffections (rétinopathies). Une obstruction
de ses vaisseaux sanguins (artères ou veines),
souvent due à lathérosclérose,
peut provoquer une cécité brusque. Une
déchirure, éventuellement compliquée
par lapparition dune poche de décollement
de rétine, peut survenir chez les myopes. Une
autre atteinte de la rétine, appelée
dégénérescence maculaire, affecte
le centre de la rétine et provoque des pertes
de vision chez les personnes âgées. Les
anomalies dues au diabète (rétinopathie
diabétique) et à lhypertension
artérielle sont fréquentes. Certaines
maladies de lhémoglobine, comme lhétérozygotie
composite Hb S/Hb C, peuvent être responsables
dune rétinopathie.
4.7
Atteintes du nerf optique (neuropathies)
Les
maladies du nerf optique (neuropathies) sont généralement
des inflammations qui siègent au niveau de
lil (papillites), ou plus en arrière
(névrites optiques rétrobulbaires),
et qui surviennent à la suite dune sclérose
en plaques, dun alcoolisme chronique ou dune
maladie héréditaire, par exemple.
4.8
Atteintes des paupières
Les
paupières sont fréquemment atteintes
par un orgelet, petit furoncle dun cil, en général
causé par un staphylocoque. Un chalazion, qui
touche lintérieur de la paupière
et non sa bordure, est provoqué par linfection
dune glande de Meibomius. Il existe aussi des
déformations des paupières : le ptosis
est un abaissement de la paupière supérieure,
congénital ou paralytique ; lentropion
est un retournement du bord de la paupière
vers lintérieur ; lectropion est
un retournement du bord de la paupière vers
lextérieur. Ces derniers peuvent notamment
être causés par la vieillesse, par des
contractions musculaires spasmodiques, ou par une
cicatrice de brûlure.
4.9
Colobomes
Les
colobomes sont des fissures ou des entailles anormales
au niveau des structures oculaires. Un colobome réalise
parfois un véritable trou dans une de ces structures.
Ce sont des malformations congénitales dorigine
héréditaire ou non. Les formes sont
multiples. Les colobomes sont souvent associés
à dautres malformations non ophtalmiques
(syndrome C.H.A.R.G.E.).
4.10
Conjonctivite
Laffection
la plus fréquente des conjonctives est la conjonctivite
(inflammation), dorigine infectieuse ou allergique.
4.11
Strabisme
Le
strabisme, enfin, est un défaut de parallélisme
entre les deux yeux, dont lune des causes possibles
est la paralysie dun des muscles oculomoteurs.